Au détour des internets, bon nombre de cinéphiles vantent ce remake lui attribuant du fond et un propos alors qu’il n’en est rien.
Mais avant de vous dégoûter de ce film revenons sur cette trilogie qui a bercé notre enfance, ce monument de Science fiction - anticipation, à la fois pamphlet sur la société américaine, j’ai nommé Robocop.
L’histoire originelle se déroule dans un Détroit Post apocalyptique gangrené par la corruption, la violence, et une vision défaitiste de l’avenir. Une multinationale du nom d’Omnivore, possédant le monopole sur l’armement, a fait main basse sur le gouvernement, les médias et désormais la police qui, pour des besoins scénaristiques, est désormais privatisée par cette même société.
Voulant automatiser la sécurité de ses concitoyens, elle tente de mettre en place des robots pour faire régner l’ordre, mais se rend vite compte que l’informatique qu’embarque ces drones est limitée et qu’ils ne pourront pas assurer cette tâche. C’est alors qu’un scientifique rentre en jeu et propose de créer un hybride, mi-homme mi-machine, ayant la force et la réactivité d’une machine mais l’intelligence et le discernement d’un humain. Un cocktail explosif et entrecoupé de messages de propagande assurés par une télévision visiblement toute acquise à la cause d’Omnicorp. Les présentateurs ne laissent pas aux téléspectateurs la possibilité de penser par eux même en commentant eux même les actualités, toutes triées sur le volet.
Une critique forte, un propos profond sur la corruption et un fond tout approprié.
L’idée est de situer l’histoire dans Détroit, capitale de l’industrie automobile et par conséquent des machines. Un symbole donc. C’est assez amusant d’ailleurs puisque ce que vivent les habitants de Détroit est à peu près ce qu’ils voient arriver avec la crise et la chute de l’empire automobile. Comme si l’auteur du scénario original avait vu juste.
Allez on lève les mains pour Détroit.
Revenons au remake.
Ce film est réalisé par José Padilha, auquel on doit… bah en fait, aucun bon film.
Il nous livre une distribution aux petits oignons où l’on retrouve Gary Oldman (Gordon dans la Trilogie Batman de Nolan), Samuel Lee Jackson (Django, Pulp Fiction, Incassable, mais aussi Des Serpents dans l’avion), Michael Keaton (Batman le défi) sans oublier des abonnés aux navets tel qu’Abbie Cornish (second rôle dans Sucker Punch) et Joel Kinnaman (Habitué aux navets) dans le rôle principal d’Alex Murphy . Attention ne confondez pas avec le célèbre pâtissier de Saint-Malo, Joël Kouign-amann (BLAGUE)
Un des seuls acteurs crédible est Gary Oldman. Même si son rôle est plat, il arrive à lui donner un tout petit peu de relief. Tiraillé entre son éthique et la prouesse médicalo-technologique qu’il accompli sous nous yeux. Mais il n’en reste pas moins plat et fade. Samuel Lee Jackson aurait lui aussi pu avoir un rôle parfait mais comme beaucoup de fois il tape à côté. Il joue la voix d’Omnicorp à travers les médias. Il fait la propagande dans une émission dédiée. C’est maladroitement amené et beaucoup moins subtile que dans le film original. Il joue un Fanboy certainement intéressé au chiffre d’affaire de la tyrannique Multinationale. Il pourrait d’ailleurs être une machine que nous nous en serions même pas rendu compte. Ces phases servent à justifier de façon narrative la corruption qu’exerce Omnicorp sur son monde, à fortiori les médias.
Mickael Keaton, m’a beaucoup fait penser à un Steve Jobs. La façon dont il est filmé, en magna de la technologie, calme mais directif, riche mais pas d’apparence, il cherche des solutions à ses problèmes depuis sa tour d’ivoire. Il est à la fois un tyran et un bienfaiteur. Mais son but premier est clairement la gloire et la richesse. C’est peut être le moins ennuyeux des personnages.
Quand aux deux autres personnages ils sont plats et sans aucune saveur. Joël Kinnaman se laisse contrôler trop facilement par son programme, et la seule scène digne digne de ce nom est lorsqu’il rentre chez lui après (seulement) quatre mois d’immobilisation dû à son opération. L’enfant ne reconnaît pas son père, et même son père se demande ce qu’il fait la. Tout un symbole puisque Robocop lâche une larmichette, son côté homme reprend le dessus. Je vous ai refait la scène sous la forme d’un croquis. La façon dont cette scène est filmée est parfaite. C’est bien le seul moment du film qui m’a fait vibrer. La Grandeur de Robocop, à peine câliné de sa femme qui ne semble pas gênée par la froideur de son torse par balles, est montrée de façon à nous faire admirer sa taille. Coupé au niveau des hanches, et en revanche on voit son fils en quasi intégralité. Ce qui nous laisse nous identifier à son rejeton et montrer la majesté de ce grand homme-machine. Robocop est donc une machine avec des sentiments. Et il faudra attendre la fin du film pour revoir un moment comme ça.
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Spoiler
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À la fin justement l’homme reprend le dessus. Niveau scénario, c’est déjà trop tard, on attend ce moment tout le film et finalement il est mauvais, et laisse un arrière goût d’inachevé, et José n’appuie pas assez sur cet événement. En gros Alex Murphy n’est plus mi-homme mi-machine, il devient un homme avec un corps de machine, mais pense par lui même, et agit enfin de son propre arbitre, malgré une ablation de la zone du cerveau qui gère les émotions pratiquées par Gary Oldman un peu plus tôt dans le film.
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Fin du Spoiler
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Quand à Abbie Cornish, bien qu’elle ait un très joli minoi, elle n’en reste pas moins peu crédible dans le rôle de la « techno-veuve », elle passe son temps à pleurnicher et se plaindre de sa condition de femme seule élevant son fils unique alors que son père est le sauveur de Détroit. Alors qu’elle pourrait être l’artisant de la « guérison » de Murphy vers son pendant Humain, son amour est finalement banal et ne réussit pas à nous toucher.
Le coéquipier de Murphy (qui dans la version originale est une femme) est joué par Michael K Williams, plus connu sous les traits de Omar Little dans la série culte The Wire, où il joue un Gangster Homosexuel, et que certains ont accompagné dans le jeu vidéo Battlefield 4 plus récemment. Surprise de le voir ici, mais bizarrement il n’est ni un faire valoir ni un sidekick, il est simplement un prétexte à ce que Murphy enquête et que le drame qui lui arrive puisse être justifié. C’est d’ailleurs dommage que ce rôle ne soit pas resté féminin.
Une chose m’a choquée, Robocop à deux mains, dont une humaine et une robotique. Elles n’ont de cesse de s’inverser tout au long du film. Vous verrez dans le « Faux Raccord » dédié dans six mois 😀
La critique de la société américaine qu’on avait dans le projet original a complètement disparu, le regard sur la politique et la vie corrompue aussi. Le fond a été remplacé par la forme.
Ce film est finalement une coquille vide, et je me demande toujours pourquoi je n’ai pas su rester sur ma première intuition lorsque j’ai vu le costume leaker sur internet. Impression de navet.
Je vous invite à regarder cette vidéo Youtube faite par un fan de l’œuvre originale. Je ne suis pas d’accord avec tout mais je trouve qu’il a pas mal raison.









